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Crimson Shroud est une grande claque dans la gueule de tous les amateurs de RPG cinématographiques, odes à la japoniaiserie et autres déviances fan service. Situé quelque part entre le jeu de plateau à la HeroQuest et le bon vieux « livre dont vous êtes le héros », le titre de Matsuno constitue un véritable anachronisme dans la production rôlistique actuelle. Il s’agit d’une œuvre brute, au gameplay old school et à la mise en scène austère, qui ne livre sa richesse scénaristique qu’au prix de longues heures de lecture. Autant dire que le titre se destine donc presque exclusivement à un public de connaisseurs ou de vieux cons, et laissera sur le carreau les autres. À chacun de choisir son camp !
Verdict !

Les +


  • Character Design inspiré
  • Histoire sombre et mature
  • Système de jeu complet
  • Bande-son de qualité
  • Durée de vie très correcte
  • Un vrai New Game +
  • Le charme des jets de dés
barre

Les -


  • Certains objectifs complètement abusés
  • Limité techniquement
  • Mise en scène très austère
  • Des tonnes de textes…
  • … sans aucun doublage !
  • Bon niveau d’anglais nécessaire
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Crimson Shroud
Par Kayle Joriin, le 26 Février 2014

Game designer et scénariste talentueux, Yasumi Matsuno a marqué les années 90 de son empreinte avec des RPG mythiques comme Tactics Ogre, Final Fantasy Tactics ou Vagrant Story. Depuis 2005, et son retrait du projet Final Fantasy XII pour « raisons de santé », le créateur s’est néanmoins fait plus discret, signant par exemple le scénario du sanglant MadWorld ou participant au remake PSP de Tactics Ogre. Entre 2011 et 2012, il a également fait un rapide passage chez Level-5, histoire d’apporter sa contribution à la compilation Guild01 avec un RPG atypique intitulé Crimson Shroud. Une œuvre assez représentative de son univers, tant sur le plan esthétique que scénaristique, mais qui n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains.

Ivalice Workshop


L’une des premières choses qui surprend quand on se lance dans Crimson Shroud, c’est sa mise en scène particulièrement austère. L’histoire est en effet racontée par le biais de longs textes descriptifs en anglais, accompagnés de plans fixes qui évoquent un petit théâtre de figurines. Au milieu de décors en 3D chichement animés, on découvre ainsi les différents personnages (monstres ou héros) figés dans des postures illustrant les situations dépeintes par le scénario. Quant au « trip » figurine, il se matérialise de manière concrète par la présence de petits socles sous les pieds des intervenants, ce qui donne à l’ensemble un côté « jeu de société » façon HeroQuest ou Warhammer.

Malheureusement, il faut reconnaître que le titre manque singulièrement de rythme et de dynamisme. On passe notamment une bonne partie de son temps à lire des kilomètres de texte, qui nous dévoilent un scénario sombre et passionnant, mais difficilement accessible pour les non anglophones. Loin des grandes épopées héroïques, l’histoire tourne autour d’un petit groupe de chasseurs de reliques explorant une antique cité à la recherche d’un puissant artefact. Un pitch assez classique, mais qui s’enrichit de nombreux flashbacks et apartés dévoilant peu à peu la psychologie et le passé des héros. Du coup, même s’il demande une réelle implication du joueur, le scénario s’avère de très bonne facture et bénéficie en outre d’une traduction anglaise plutôt recherchée.

Ce soin apporté à l’histoire se retrouve d’ailleurs également au niveau de la réalisation. Bien que le jeu de Matsuno ne soit pas forcément très impressionnant d’un strict point de vue technique, il bénéficie en effet d’une direction artistique inspirée qui rappelle clairement des titres comme Vagrant Story ou Final Fantasy XII. Associée à l’excellente bande-son composée par Hitoshi Sakimoto, cette esthétique offre au jeu une réelle personnalité, même si l’absence de doublage et les animations extrêmement limitées ne le rendent pas particulièrement accessible. En revanche, les amateurs de kanji se réjouiront sans doute de la présence d’une traduction japonaise, même si elle ne présentera guère d’intérêt pour la plupart des joueurs européens.

Lancer Dédé ?


Côté gameplay, on retrouve les éléments de tout RPG qui se respecte avec un mélange d’exploration et de combats, couplé à une gestion d’équipe plutôt complète. Ici, la montée en puissance ne se fait toutefois pas par le biais d’un système d’expérience, mais par l’acquisition et l’utilisation de différentes pièces d’équipements (armes, armures, accessoires) récupérées au cours de l’aventure. Ces dernières font varier les statistiques des personnages et peuvent leur octroyer différents pouvoirs magiques qui s’ajoutent aux compétences individuelles acquises au fil des combats. Il est également possible de fusionner les pièces d’équipement entre elles, pour en augmenter la puissance, ou bien avec des livres de sort, afin d'y associer des pouvoirs spécifiques.

Les combats, en semi-temps réel, sont pour leur part assez classiques, mais ils proposent néanmoins une réelle dimension stratégique et pas mal de petites subtilités. Les compétences évoquées précédemment peuvent notamment être activées avant ou après une action de base (attaque, magie ou utilisation d'objet), et permettent par exemple de booster ses caractéristiques ou de récupérer de précieux points de magie. Comme dans un jeu de rôle papier, les jets de dés ont en outre un rôle important lors des affrontements puisqu’ils permettent de déterminer l’efficacité de la plupart des techniques utilisées. Le jeu propose même un système de combos élémentaires qui donne la possibilité de gagner des dés bonus servant ensuite à booster la puissance ou la précision des attaques, voire à obtenir davantage de points de troc à la fin d’un combat.

Si chaque bataille offre son lot de récompenses, il n’est en effet pas toujours possible de récupérer l’intégralité des objets dropés par les ennemis. Chaque objet possède ainsi une certaine valeur et il faut posséder suffisamment de points de troc pour pouvoir l’obtenir ; ces points étant attribués automatiquement à la fin de combat en fonction de nos performances, et en particulier des dégâts encaissés par l’équipe. Bien entendu, les objets les plus puissants, en particulier ceux lâchés par les boss, sont aussi les plus chers. Il sera donc nécessaire de bien gérer ses affrontements afin de ne pas se retrouver comme un couillon à saliver devant une arme ou un accessoire a priori surpuissant que l’on ne pourra pas « acheter » faute de points.

Le mystère du linceul pourpre


Doté qu’un gameplay riche et plutôt intéressant, Crimson Shroud peut malheureusement s’avérer frustrant en raison d’une ergonomie très perfectible, d’un réel manque de dynamisme lors des combats, et d’une absence d’informations parfois gênante. Les menus, pas forcément très clairs, rendent par exemple assez laborieuse toute la partie gestion de groupe, pourtant essentielle. De plus, si en début de partie, quelques tutoriels nous expliquent rapidement les bases du système de jeu, certains aspects restent plutôt flous et doivent être découverts à force d’expérimentation. Le problème se pose d’ailleurs également lors des phases d’exploration, et conduit à des situations pour le moins problématiques.

En pratique, l’histoire intimiste de Crimson Shroud se traduit en effet par un terrain de jeu très cloisonné, comprenant diverses petites zones entre lesquelles il est possible de se déplacer librement. Chaque nouvelle zone peut être le prétexte à un combat, à une discussion, à une simple description des lieux, voire à une action contextuelle nécessitant un jet de dés. Toutefois, on ne dispose généralement que très peu d’informations sur les objectifs à remplir et on passe donc pas mal de temps à errer d’une zone à l’autre en essayant de faire progresser l’histoire. D’aucuns diront qu’il s’agit là d’une progression « à l’ancienne », mais là où le bât blesse, c’est que certains passages semblent quasiment impossibles à finir sans l’aide d’une « Soluce ».

À titre d’exemple, pour terminer le chapitre 2, il faudra battre les ennemis d’un combat donné dans un ordre très précis et malheureusement assez contre-intuitif. Un gros problème de conception, qui dépasse le simple hymne à la débrouillardise, et qui pourra faire perdre plusieurs heures de jeu à certains joueurs, prolongeant artificiellement une durée de vie qui est pourtant loin d’être ridicule. Environ huit heures seront en effet nécessaires pour finir le jeu, sachant qu’il faudra passer par un New Game + pour espérer découvrir l’intégralité du scénario. Pas si mal pour un petit jeu eShop !
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COMMENTAIRES

Support
  • Nintendo 3DS
Editeur
  • Level-5
Développeur
  • Level-5
Genre
  • RPG
Nombre de joueurs
  • 1
Evaluation PEGI
  • 7
Sorties
   13 décembre 2012
   13 décembre 2012
   31 mai 2012

Site officiel
http://level5ia.com/blackbox/fr/crimson-shroud/
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