Comme la grippe chaque année, PES revient contaminer les consoles et PC
pour le plus grand bonheur des fans de foot, et pour le plus grand
malheur de leurs ami(e)s et copines condamnés à supporter ces trois
lettres maudites qui résonnent dans toutes les têtes à l’approche de
l’hiver. Même la Wii n’y échappe pas, et accueille avec PES 2010 sa
troisième version.
Forcément, après 10 années de Pro Evolution
Soccer, la première question qui vient à l’esprit des joueurs est :
quoi de neuf ? Question totalement légitime, surtout que cette fois le
PES nouveau est dépêché pour arriver à l’heure en automne et non plus
en début d’année. Les changements peuvent donc paraître minimes aux
yeux des néophytes tant le jeu arbore le même emballage depuis mars,
menus et terrains confondus. Pourtant, ils sont bien là, planqués parmi
quelques passements de jambe et passes en profondeur lobées. Si l’on ne
devait retenir qu’une seule évolution marquante, il s’agirait sans
aucun doute de l’apparition d’une deuxième barre d’endurance pour tous
les joueurs, qui se vide lors du sprint et se remplit à nouveau au
repos. Traduction : finies les chevauchées sauvages interminables avec
un Messi ou un Ronaldo au galop, celles-ci se finissant désormais avec
une jauge vide et un joueur haletant. Cet ajout, qui paraît anodin mais
qui soulage considérablement la défense, est étonnamment absent des
autres versions PSP et HD, qui en auraient pourtant bien besoin. C’est
d’ailleurs la seule amélioration vraiment visible du gameplay. Les
contacts entre joueurs sont eux subtilement rééquilibrés de manière à
ce que le gabarit soit pris en compte : les moucherons ont désormais
plus de difficultés à tenir tête à deux défenseurs bien charpentés
lancé à leurs trousses, ce qui suit somme toute la logique de la
nature. Déjà si bien rôdé par les soins experts de Konami, le football
façon PES se voit donc encore une fois assez justement équilibré,
particulièrement sur Wii. | Petites retouches aussi du côté des
contrôles à la Wiimote et au Nunchuk, qui année après année tentent
d’apporter une expérience de jeu la plus convaincante possible aux
réfractaires de la manette classique. Alors que jusque là la course se
déclenchait en « tirant » laborieusement son joueur à la Wiimote sur
l’écran, cette fonction est dorénavant aussi attribuée au bouton Z, ce
qui permet de diriger ses joueurs avec précision tout en ayant la vue
plus dégagée pour préparer ses actions. Les coups francs directs quant
à eux ne se limitent plus à une trop simple secousse de Nunchuk. Il est
maintenant possible de « viser » directement la lucarne à la Wiimote et
même d’imprimer un effet en la tournant dans un sens ou dans l’autre.
Classe. Des tutoriaux très complets viennent de toute manière rappeler
aux néophytes comme aux confirmés l’ensemble des manipulations pour
profiter du jeu armé de cette prise en main assez unique.
Rien à
signaler en revanche du côté des modes de jeux, similaires à l’épisode
précédent. Cette année encore, le mode « Vers une Légende » ne répond donc
pas à l’appel, pour de probables raisons d’incompatibilité avec le jeu
à la Wiimote/Nunchuk. Heureusement, le reste fait le gros du
boulot. Est toujours présente l’incontournable ligue des Masters, un
mode Carrière de haute qualité qui bouffera des heures et des heures de
jeu à qui osera s’y aventurer. Le mode Route des Champions, toujours
exclusif à la Wii, répond encore à l’appel, ainsi que les différentes
Coupes et Ligues et bien sûr le jeu en ligne, qui souffre toujours d’un
léger lag même en limitant les rencontres aux joueurs les plus proches
géographiquement. Difficile donc de s’ennuyer dans les menus de ce PES
2010, qui bénéficie au passage d’une véritable bande-son avec de vrais
artistes, et non des musiques affreuses comme dans les deux précédents
épisodes. Ouf !
Mais malgré tout cet optimisme débordant, quid de
l’achat du PES nouveau, de surcroît huit mois après la sortie de
l’épisode précédent ? L’investissement pourra paraître alléchant aux
fans de la première heure, mais il le sera probablement moins pour ceux
qui ont achetés, crédules, PES 2009, qui représentait en plus une vraie
avancée sur Wii. Konami, en bon gentleman, en est bien conscient et
vend donc son dernier bébé à prix réduit, soit environ 40 euros chez la
plupart des bonnes crèmeries. |