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« Les Chevaliers de Baphomet Director's cut » a tout pour lui. C'est une reprise parfaite d'un classique du jeu d'aventure. Il aurait pu rester dans les annales de la DS si les éditeur et/ou développeur (ne ciblons personne) ne nous l'avait pas livré amputé d'une jambe, ou plutôt dans ce cas, d'une langue. La disparition des dialogues fait perdre une bonne partie de son identité et de son humour au jeu. Alors certes, ses ajouts font de lui un jeu digne d'intérêt, mais mieux vaut faire l'aventure classique sur PC pour enchainer sur la version DS, que jouer uniquement à cette déclinaison.
Verdict !

Les +


  • Les décors remplis de détails.
  • Le système de jeu remis à neuf.
  • Les ajouts du director's cut
barre

Les -


  • Pas de voix
  • Personnages lents
  • On n’entend pas l'accent de George
  • Nouvelle modélisation des visages de l'écran supérieur discutable
  • Pas de voix!!!!!!!!!
0 commentaire(s)
Les Chevaliers de Baphomet : Director's Cut
Par Foine, le 29 Juin 2009

Le point & click n'est pas un genre nouveau. C'est même un des premiers genres de jeux d'aventure, aussi vieux que le monde du jeu vidéo. Plusieurs séries marquèrent le genre. Et malgré sa disparition progressive le genre reste vivant grâce à des titres comme Runaway. Cela faisait maintenant six ans. Six ans que « Les Chevaliers de Baphomet » n'était pas revenu à la vie de manière officielle en deux dimensions. Grand classique du jeu d'aventure, la série a vu son déclin en même temps que son passage de la 2D à la 3D en 2003. Et ça, les membres de Révolution Software l'ont bien compris. On pourrait se demander si le fait que des fans aient développé un épisode 2.5 totalement officieux en 2D a eu une influence sur cette ré-édition, mais les faits sont là : le premier épisode de la saga Broken Sword réapparait sur nos Wii et DS. Cette édition, élégamment nommée director's cut, sera t-elle à la hauteur du mythe qu'elle essaye de faire revivre? C'est sur la version DS que nous nous pencherons aujourd'hui, et laissez-moi vous dire que ça va pointer et cliquer !




Une histoire, un mythe, (presque) une légende.

L'introduction des Chevaliers de Baphomet reste gravée dans la plupart des mémoires. Un américain, George Stobbart (avec 2 « b » et 2 « t » comme il le dit si bien), assis à la terrasse d'un café parisien, assiste et est presque tué par un attentat visant un client du café. Ainsi débute l'aventure de George qui fera tout son possible pour retrouver le clown responsable de ce meurtre. Cette introduction, c'était celle de 1996, sur PC. Aujourd'hui on retrouve Nicole Collard, qui a rendez-vous avec Pierre Carchon, éminent homme politique français, pour une interview. C'est avant de pouvoir poser la moindre question que Pierre Carchon se fait assassiner par balle, par un mime. C'est ainsi que débute l'aventure de Nicole Collard, qui va tout entreprendre pour retrouver ce mime-assassin qu'elle soupçonne d'ores et déjà d'autres crimes sur lesquels elle enquête. On s'apercevra bien vite que cette aventure n'est que le prélude de l'aventure de George, mais on ne se lassera pas de découvrir pourquoi Nico avait rendez-vous avec la victime de l'attentat du café. C'est donc presque la même histoire qu'il y a maintenant plus de 12 ans que l'on redécouvre, mais suivre George jusqu'au fin fond de l'Europe à la recherche d'un clown est toujours un véritable bonheur.

Une réalisation d'époque

Et ce sont ces décors enchanteurs d'Europe que l'on aime revisiter. Même après 12 ans, le jeu reste identique en tout point sur l'écran du bas. Les décors en deux dimensions fourmillent de détails et l'on sent bien que ce ne sont pas des vulgaires textures, mais bien des sortes de tableaux dans lesquels on peut se déplacer. On ne se lassera pas d'essayer de remarquer tous les petit détails des décors et c'est une des forces des Chevaliers de Baphomet. En revanche, comme auparavant, les personnages n'ont pas le droit au même soin, étant donné qu'ils doivent être animés. Alors certes, on est loin de la catastrophe, mais mieux vaut avoir les sprites assez éloignés de nos yeux pour ne pas voir les pixels de trop près. L'animation quant à elle est tout à fait correcte. La grosse nouveauté de cette ré-édition se situera sur l'écran du haut de la DS. C'est en effet ici que ce dérouleront tous les dialogues (dialogues sur lesquels nous reviendrons). On pourra voir sur cet écran les têtes des participants à la conversation, ainsi que les cadres de texte. Dans un style très comics (on notera la participation de Dave Gibbons (Watchmen) pour les animations faciales), ces visages ont tout pour plaire, et pour déplaire. En effet, autant les personnages peu importants sont très convaincants, autant la tête de George ou de Nico pourront choquer les puristes tellement ils ne ressemblent pas aux versions cartoon auxquelles nous étions habitués. Les animations, elles, restent anodines, car même si elles contribuent un peu à l'ambiance, elles ne sont pas assez détaillées pour être réellement prises en compte. Globalement, d'un point de vue graphique le jeu s'en tire très bien et les graphismes léchés, auxquels on avait droit en 1996, sont parfaits pour notre DS.

Autre point marquant, l'identité des Chevaliers de Baphomet : son style unique. Il est, en effet, agréable de jouer avec les personnages déformés et exagérés de Monkey Island, mais il est tout aussi agréable de mouvoir George, américain propre sur lui et parfaitement proportionné. De plus avec son humour caractéristique marquant toute la série, George donnera le ton de cette aventure historique. Une aventure qui possèdera un ton très sérieux et regorgera de moments tragiques, mais qui sera aussi ponctuée d'humour, aussi bien via les dialogues que grâce aux situations. On notera tout de même que le jeu a subi une légère censure (très légère car c'est juste la disparition du sang), notre époque (et peut être la console) voulant cela.

Pour finir, une petite nouveauté a été rajoutée à la version classique du jeu, à savoir, les gros plans. Mais qu'est-ce donc? Et bien c'est tout simplement un gros plan sur une partie du décor. Ici, on ne verra plus notre personnage mais seulement les éléments du décor sur lesquels on s'est penché. Cela enlève un des défauts du jeu original qui était que certaines énigmes ou manipulations étaient dures à effectuer à cause de l'angle de vue éloigné. C'est maintenant chose réparée puisque la majorité des énigmes qui posaient problème avant, bénéficient maintenant du gros plan.#row_end

« Moi je dis: attrapons-les, et bouffons-les! »

Mais si le graphisme des Chevaliers de Baphomet marquait avec la qualité de ses décors, c'était l'ambiance sonore qui donnait au jeu une de ses plus grandes forces. Les doublages, on ne peut plus convaincants, et l'accent anglais de George qui était à lui tout seul un pan du jeu, donnaient à la série une part de son identité. Si l'on rajoutait à cela les musiques de Barrington Pheloung totalement pensées pour coller à l'espace et au temps, on ne pouvait jouer au jeu sans le son. Mais aujourd'hui, comme hier avec la version GBA, « Les Chevaliers de Baphomet » se fait amputer de son plus gros point fort sur portable : les voix. Ici toute l'histoire est à lire. Les musiques sont toujours de très bonne qualité, mais voir écrit « clown » sans l'entendre prononcé par George enlève au jeu une bonne part de son ambiance. De plus, les dialogues tenant une place énorme dans le jeu, devoir tout lire, bien que loin d'être ennuyeux, est un gros poids, quand on sait qu'il existe des versions parlées de ces même dialogues.

On pointe puis on clique !

Le gameplay des point & click a toujours été très simple. On clique à un endroit du décor pour s'y rendre. On clique sur un objet pour interagir avec celui-ci. Mais là où les premiers jeux de Lucas Art nous proposaient de multiples actions à n'importe quel moment du jeux, « Les Chevaliers de Baphomet » se veut plus accessible. On aura le choix ici entre une ou deux actions par objet. Pour les voir il suffira de laisser son stylet sur l'objet en question pour que les icônes apparaissent. On aura ensuite plus qu'à choisir quoi faire. Vous voulez utiliser un objet de votre inventaire avec un élément du décor ? Rien de plus simple. On sélectionne l'objet dans sa besace, puis on le glisse sur l'autre. Et le tour est joué. Bref rien de bien innovant dans ce director's cut. On notera tout de même une certaine lenteur dans les déplacements des personnages. Pour aller d'un bout à l'autre d'une pièce, Nico et George auront la fâcheuse habitude de se traîner, et presque de faire du moonwalk, sous nos yeux ébahis. Mais fort heureusement cette lacune se voit comblée par le fait qu'un changement de pièce se fait par un léger fondu noir, et ce, quelque soit l'endroit où l'on se trouve dans la pièce. On évite donc les éternelles secondes de traversée de pièce lorsque l'on clique directement sur la sortie.

Mais tout ceci reste du classique. Et c'est bien parce que « Les Chevaliers de Baphomet » avait réussi à se démarquer à son époque des autres jeux du genre qu'il reste, encore aujourd'hui, une référence. Tout d'abord le jeu propose parfois de faire choisir au joueur la manière dont réagira le personnage, à savoir que le choix se situe bien souvent entre gentil et méchant. Même si ces choix n'ont que peu d'influence dans le jeu, il est toujours agréable d'avoir le choix. De plus, faire certaines choses, ou pas, aura des répercutions sur le jeu. Là encore, ça n'impliquera pas de tournant dans le scénario mais cette possibilité est toujours agréable (essayez de faire boire, ou non, la serveuse au début de l'aventure de George, vous verrez). Là où « Les Chevaliers de Baphomet » marque aussi c'est par la possibilité de mourir dans le jeu. Et il est même fort probable que, pour sa première partie, le joueur meure (au moins) une fois lors de son périple.

Mais, si l'on exclut les ajouts au scénario, aucun argument ne justifie une ré-édition du jeu. C'est là qu'interviennent les énigmes faites pour la DS et la Wii. Ces énigmes n'iront pas chercher très loin dans la complexité du gameplay, étant donné qu'il s'agira le plus souvent de faire quelques « cliqué-glissé » pour les réaliser, mais on appréciera de voir autre chose dans le jeu que de simples combinaisons d'objet. Plus présente dans la partie de Nicole (et à juste titre, puisque cette partie est inédite) on en retrouvera aussi dans la partie de George. On pourra aussi noter qu'elles sont parfaitement bien intégrées et qu'un habitué ne sera pas choqué de les voir.

Les voyages en Europe, ça prend du temps !

Irlande, Ecosse, France, Espagne, Moyen Orient... Visiter tous ces lieux, parler à tous les personnages qui les peuplent, ça prend du temps. Et bien que les jeux d'aventure soient plutôt courts en général, par leur nature assez linéaire, « Les Chevaliers de Baphomet » tente de relever la barre dans cette nouvelle apparition. En effet, un joueur ayant déjà fait le jeu original de multiples fois mettra environ sept heures pour finir le jeux, en prenant son temps. Certes, sept heures c'est assez court, mais ça ne prend pas en compte le temps de réflexion qu'il faudrait à tout joueur n'ayant jamais touché au soft pour progresser dans l'aventure. Bref, le jeu a une petite dizaine d'heures de durée de vie pour quiconque découvre l'aventure de George Stobbart pour la première fois. Malheureusement les temps modernes sont passés sur « Les Chevaliers de Baphomet », et pour les moins courageux, des indices totalement inédits seront à disposition. Indices qui, disons-le tout de suite, plutôt que de vous faire réfléchir, vous donnent souvent la solution (surtout si on les regarde jusqu'au dernier) ! Un comble pour un jeu dont la durée de vie est directement liée à la difficulté de ses énigmes.

Mais un jeu d'aventure étant ce qu'il est, la replay value reste très moyenne. Car une fois le jeu fini une première fois, il faudra, ou être fan, ou... être fan pour vouloir redémarrer le jeu. Mais si vous avez apprécié le jeu, après quelques mois d'attente, y rejouer sera aussi un réel plaisir.
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En conclusion « Les Chevaliers de Baphomet » reste égal à lui même dans sa nature, même si son ambiance a été tronquée à cause de l'absence des voix. Les ajouts sont quant à eux bien présents mais ne révolutionnent en rien le fond. Un classique qui reste un classique que l'on peut dorénavant emmener partout.
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COMMENTAIRES

Support
  • Nintendo DS
Editeur
  • Ubisoft
Développeur
  • Revolution Software
Genre
  • Aventure
Nombre de joueurs
  • 1
Evaluation PEGI
  • 7
Sorties
   19 mars 2009
   24 mars 2009
  

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