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Test Nintendo Switch de Rad Rodgers Radical Edition, le chibre nostalgique

 Par Draco,
 le 23/07/2019 à 09H13

Du Kickstarter au rayon du magasin, c’est un chemin mouvementé qu’a dû parcourir Rad Rodgers avant d’arriver sur l’hybride de Nintendo. Promesse, aux dires des équipes de SlipGate (anciennement Interceptor), d’un jeu de plateformes rendant hommage aux jeux des années 90 d’Apogee (Commander Keen, Duke Nukem et Cosmo’s Cosmic Adventures), c’est forcément avec un enthousiasme et une appréhension partagés qu’on lance le jeu, en se demandant ce qu’il y a vraiment derrière tout ça. « Come get some », comme dirait l’autre !


Un test rédigé par Goonpay.

Pas vraiment pour les gosses

Ah, ces chères têtes blondes, si adorables, si mignonnes… l’innocence même ! « Mon œil », dira la maman qui tente désespérément de mettre au lit son fils totalement scotché à l'écran de sa console, si absorbé qu'il en devient insolent et grossier. Si au bout d'un moment, elle parvient à lui donner raison, il n'en reste pas moins que son jeu va lui trotter dans la tête toute la nuit. Pire, il dort paisiblement et voilà que la télé s’allume toute seule et qu’il se retrouve aspiré dans son jeu. C’est à peine croyable et pourtant c’est ce qui est arrivé à Rad, un petit garçon tout mignon en apparence, mais qui s’avère être plus proche d’un Duke Nukem Junior que d’un Jordy des années 90. Accompagné de Dusty, une sorte de robot-console-sac-à-dos au langage grossier et équipé d’un bon gros gun, ils partent donc botter des culs pour sortir de cet univers vidéoludique.


Insultes, propos osés, vulgaires voire trashs, gerbes d’hémoglobine, ce n’est pas un hasard si Rad Rodgers Radical Edition est estampillé PEGI 16. Alors, au grand dam des bobos coincés et de la bien-pensance, et tant pis pour les rejetons, mais on déconseille très clairement de pratiquer le jeu en mode bisounours, parce que, oui, il y a une option pour enlever toute violence et dialogues obscènes, mais retirer cet état d’esprit, c’est comme manger des chips sans sel ou boire du Coca Zero, c’est se donner bonne conscience pour consommer des saloperies sans saveur et au final, n’en conserver que le goût amer du manque.

Et si vous hésitez encore, que votre carte d’adhérent « Familles De France » est valable jusqu’en fin d’année, dites-vous bien que vous passeriez à côté de quelques répliques détonantes des habitants de ce monde du type « Je peux te refiler quelques billets si tu me laisses le corps de cet enfant », « Chez nous, il est de tradition de se faire braquer sa maison » ou une histoire de plug anal un peu surprenante. Évidemment, cet humour graveleux ne plaira pas à tout le monde (on peut d’ailleurs se demander s’il est vraiment justifié, n’est pas Duke Nukem qui veut...) et les références à certains jeux ne feront pas toujours mouche (si non connues), mais il n’en reste pas moins que l’essence de Rad Rodgers Radical Edition réside dans son côté badass et ses clins d’œil, plus que dans son gameplay qui lui se veut très – trop ? – classique, mais pas inintéressant pour autant.

Piece of cake

Par son aspect à la fois lugubre et coloré avec des personnages aux proportions cartoonesques et son jeune héros qui blaste les ennemis lui barrant la route, Rad Rodgers Radical Edition fait un peu penser à Global Gladiator en son temps. À cheval entre action et plates-formes avec une touche d’exploration, on s’aventure sans trop de peine dans les dix niveaux (assez grands) qui composent l’aventure. Pour sortir d’un stage, il faut impérativement retrouver les quatre morceaux d’un médaillon qui forment une sorte de clé de sortie. 

Le level design plutôt pensé dans la verticalité est intéressant car il propose des sortes d’embranchements menant aux différents secteurs qui détiennent chacun un bout de la clé. On choisit donc plus ou moins librement son chemin et on a en permanence l’envie d’aller voir de l’autre côté s’il n’y a pas de petits secrets à découvrir. Trois modes de difficultés sont proposés, mais le challenge est réellement présent sur les deux derniers niveaux. Ceux d’avant requièrent une petite concentration par endroits, mais ne sont clairement pas aussi punitifs. Pour éviter la redondance, les développeurs ont aussi intégré entre chaque monde des stages bonus sous forme de jeux d’agilité (monter en haut du niveau avant que l’eau n’engloutisse Rad), de mémoire (tirer sur des ennemis selon un ordre donné ou dénicher les images dans des caisses) et un petit flipper sans grand dynamisme. Et pour ajouter une petite louche à la durée de vie assez faible, des objets bonus sont à récolter un peu partout dans les niveaux (notamment les masques pour changer de look) et des objectifs secondaires peuvent être réalisés comme récupérer toutes les gemmes ou abattre tous les ennemis.


Si le compagnon de chambrée qui sirote sa bière ou se pilonne tranquillement le joystick (ndlr : cette expression n’a aucune raison d’être ici, mais ça colle tellement bien à l’esprit du jeu…) a envie de vous rejoindre pour une aventure coopérative, c’est possible, mais il ne faudra pas s’attendre à du grand art puisque le jeu reste finalement le même, avec des ennemis bêtes à pleurer qui s’éliminent la plupart du temps à distance avant d’entrer dans son simili champ de vision.

Le mode bataille lui, amusant cinq minutes, permet de s’affronter dans une joute ressemblant aux égouts de Mario Bros (pour ses tuyaux).

Your face, your ass, what's the difference?

Mignon mais brouillon, saturé mais crénelé, travaillé mais imparfait, ce sont les qualificatifs qui surgissent pour définir l’aspect graphique et technique du titre. D’un côté, on a de jolis effets de lumière, des transitions bien amenées pour passer du monde de Rad en 3D aux passages pixelisés avec Dusty, une richesse dans les décors et même des cinématiques pour embellir le tout ; de l’autre, on souffre d’un aliasing très prononcé (atténué forcément en portable) et d’une sensation de flou dans le fond. Certains passages sont aussi visuellement trop chargés, impliquant des problèmes de lisibilité.


Le bestiaire est très limité également et on peste contre les sauts pas toujours bien calibrés à cause d’une hitbox de plate-forme en inadéquation avec son look, quand ce n’est pas carrément un Rad bloqué sur une planche en bois qui oblige à rebooter la partie…

On ne comprend pas non plus pourquoi la carte du monde affiche encore un autre style graphique et pourquoi certaines traductions sont complètement zappées. En contrepartie, les différents power up d’armes sont plutôt cools et le fait de pouvoir jouer avec d’autres héros comme par exemple Duke Nukem, Lo Wang de Shadow Warrior, ou Shelly de Bombshell, ajoutent la touche nostalgique et sympathique du titre, d’autant que chacun dispose d’une attaque qui lui est propre.

Saluons pour finir le travail d’Andrew Hushult qui réussit à retranscrire avec brio les sonorités de ces années 90 qui font penser aux FPS de ces époques, nerveux, rythmés à l’adrénaline, prêts à exploser les ennemis façon Doom avec cette sensation d’extraterrestre qui flotte en permanence, lui donnant même un air de Flashback par endroits avec ses touches de synthétiseur et autres effets électroniques façon Bontempi ! On retiendra aussi la présence de Jon St. John, voix officielle de Duke Nukem, vraiment cool. Toutefois, on est en droit de se demander si, sans les références au blond bodybuildé mâcheur de chewing-gum notamment, l’intérêt de Rad Rodgers Radical Edition ne passerait pas un cran en dessous.

 

Conclusion : PEUT-ÊTRE !

Rad Rodgers Radical Edition est typiquement le genre de jeu qui pose question et laisse perplexe : est-ce qu’être badass c’est avoir une forme de classe ? Des références suffisent-elles à rendre hommage ? C’était mieux avant ? Duke Nukem ressortira-t-il vraiment de l’ombre un jour ? Assumer jusqu’au bout sans être réellement justifiée ou justifiable, l’ambiance de ce jeu d’action/plates-formes à la sauce 90’s est à la fois délirante et repoussante. La curiosité malsaine fait qu’on a envie de lire toutes ces répliques tordues et pas catholiques pour un sou, mais on se demande aussi : pourquoi sont-elles là ? Le jeu se parcourt agréablement malgré ses défauts, se prête bien au speedrun façon retrogaming, mais ne restera pas dans les annales… hum.  Que dirait le botteur de cul ? « You're an inspiration for birth control! » ou « Boooorn to be wiiiiild! » ? La question reste entière, mais soyez prévenu, ce n’est ni l’hommage ni le raté du siècle.

LES PLUS : 

+ Les différents personnages jouables
+ Duke Nukem et sa voix officielle
+ Oldschool dans l’âme
+ L’ambiance et les répliques complètement trashs...

 

LES MOINS :

- … mais pas forcément nécessaires
- Les petits bugs
- Pic de difficulté soudain à la fin

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Le système de verdict de Nintendo-Difference repose sur trois niveaux :

- OUI ! (nous recommandons l'achat de ce titre, peu importe quel joueur vous êtes : vous l'apprécierez, à condition de ne pas être hermétique au genre ou à l'univers). Le Oui accompagné du ND Award récompense les titres soit exceptionnels que vous devez acheter quoiqu'il arrive, soit ceux nous ayant provoqué de gros coups de coeur !

- "Peut-être" (nous recommandons de bien lire le test avant d'acheter le jeu, car il peut ne pas correspondre à tout le monde, et ce pour des raisons qui peuvent largement être différentes d'un jeu à un autre). Par exemple, un titre peut être tout à fait exceptionnel et obtenir un "Peut-être" parce qu'il se classe dans un genre de niche qui ne correspondra pas à tout le monde alors qu'un autre pourra s'avérer vraiment moyen et à ne réserver qu'aux puristes du genre ou aux fans inconditionnels (comme dans le cas d'une adaptation par exemple).

- NON (nous ne recommandons pas l'achat de ce jeu). Trop mauvais ou trop cher pour ce qui est proposé.

Nous avons abandonné l'idée des notes, car celles-ci n'aident en rien à faire un choix, avec ce système vous savez si vous pouvez acheter les yeux fermés, s'il faut bien lire le test pour savoir si le jeu peut vous convenir ou s'il faut tout simplement s'enfuir.



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